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Fondation Specialisterne

La Fondation Specialisterne est une organisation à but non-lucratif, qui travaille à créer 1 million d’opportunités d’emploi pour les personnes autistes et les personnes avec d’autres spécificités cognitives. La fondation est propriétaire de la méthode et de la marque Specialisterne ainsi que de l’entreprise Specialisterne Danemark.

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La Pépinière des Talents

La Pépinière des Talents

Un tremplin pour les jeunes DYS en décrochage scolaire : La Pépinière des Talents

Article de Lucie Felix, du 26 avril 2024
La Pépinière des Talents

La Pépinière des Talents est une association à l’origine de la première prépa-apprentissage à destination de jeunes TDAH ou DYS (dyslexie, dysphasie, dyspraxie, dyscalculie, dysgraphie, dysorthographie) âgés de 16 à 19 ans. Pour beaucoup en décrochage scolaire, la plupart reprendront les études via des formations en alternance ou s’insèreront durablement dans la vie active à l’issue des 36 semaines du programme.

Specialisterne a pu interviewer Marine FOUREST RAYMOND, fondatrice et directrice de l’association, pour en apprendre davantage sur cette prépa.

Apprendre aux jeunes à connaître leurs particularités cognitives, leurs faiblesses et leurs forces

Ici, pas de cours de français, de maths ou d’histoire-géographie classiques, même si consolider les bases des apprentissages et renforcer l’acquisition de savoirs reste au programme. Les apprentissages spécifiques sont adaptés à ces élèves neuroatypiques. L’objectif est d’aider ces jeunes à trouver une orientation qui leur convienne, dans laquelle ils puissent s’épanouir, tout en travaillant leur savoir-être, leur estime et leur confiance en soi.

Cela passe d’abord par mieux se connaître, mieux connaître ses particularités cognitives et développer des outils pour les vivre sereinement.

Dans le pôle savoir-être, l’équipe pédagogique travaille en lien avec plusieurs experts ou intervenants spécialisés, conseillés par l’association AtoutDys et par des professionnels de la rééducation (orthophoniste, neuropsychologue, psychomotricien, ergothérapeute…). Sur les deux jours de la semaine consacrés au “savoir-être”, les élèves pourront – par exemple – assister à une intervention d’un neuropsychologue leur expliquant les spécificités du spectre DYS, les aidant à mettre des mots sur leur différence, à exprimer leurs ressentis autour de celle-ci. Le lendemain, ce pourra être l’intervention d’une sophrologue leur présentant plusieurs méthodes de gestion du stress, par la respiration, le massage des mains… L’après-midi, chacun met en pratique pour s’approprier les exercices enseignés et identifier ceux qui seront le plus facile à utiliser au quotidien. Une journée est consacrée si besoin à la médiation, au traitement d’un sujet d’actualité, avec du sport l’après-midi ou un atelier animé par l’un des étudiants ayant un savoir-faire particulier. Quoi de mieux pour aider à développer sa confiance en soi que d’être mis à la place du “professeur”, de celui qui enseignera aux autres élèves l’art des origamis, ou toute autre compétence particulière développée.

Des ateliers aidant à comprendre le monde de l’entreprise

Les deux jours restants sont réservés au pôle d’orientation et découverte professionnelle. Au-delà d’ateliers classiques où les étudiants apprendront à préparer un CV, rédiger une lettre de motivation, d’autres visent à enseigner les règles du monde de l’entreprise aux étudiants, à définir ce qu’est une compétence et les aider à identifier les leurs. Là aussi on retrouve des ateliers leur permettant de mieux se connaître, de développer des outils et des savoirs-être qui leur serviront dans la durée. Cela peut consister en un travail sur la posture, la tenue, ou encore en du théâtre d’improvisation pour mieux prendre en compte les différences de chacun  dans le fonctionnement d’une équipe. La spécificité des DYS est, toujours, pleinement prise en compte : on apprendra aux jeunes comment en parler en entreprise, mais aussi les droits dont ils disposent.

Des étudiants acteurs de la sensibilisation à leurs particularités

La découverte va dans les deux sens, puisque c’est aussi l’occasion pour les jeunes d’animer des ateliers “dans la peau d’un DYS”.
Pour vous mettre quelques instants dans la peau d’une personne dyspraxique, on pourra vous proposer de tenter de nouer vos lacets avec des gants de boxe aux mains.
Ces ateliers peuvent être l’occasion de prises de conscience, d’un dialogue entre les personnes porteuses de troubles du spectre DYS et les autres.

Une inclusion réussie dans 80% des cas

Les résultats sont bien concrets : à l’issue de ce programme atypique, 80% des étudiants repartent en formation. C’est par exemple le cas d’Elena, multi dys en phobie scolaire à son arrivée, qui voulait travailler dans le domaine de la petite enfance mais ne trouvait pas d’emploi. Très proche de la nature, elle s’est découvert un talent comme fleuriste à l’occasion de son stage. “Elle a de l’or dans les mains.” dira même son maître de stage. Aujourd’hui elle a repris les études, et sa deuxième année de CAP se passe bien. Aymeric aussi est reparti en formation après son passage à La Pépinière des Talents : d’abord un BPREA polyculture élevage en alternance dans la ferme familiale pour soutenir sa mère, et aujourd’hui une formation dans le domaine de l’artisanat, sa passion. À son arrivée à La Pépinière, cela faisait pourtant 2 ans qu’il était sorti du système scolaire. Très renfermé et parlant peu au début de l’année, c’est lui qui a présenté la prépa à la radio à la fin de la formation.

Vers un jour d’autres Pépinières des Talents ?

Cette prépa est gratuite pour les étudiants, et tient à le rester : 80% du budget provenaient jusqu’à présent du plan d’investissement dans les compétences du ministère du Travail, via une expérimentation qui a touché à sa fin en décembre 2023. Aujourd’hui, ce dispositif unique est en danger : faute de financements, la rentrée 2024 semble fortement compromise pour ces jeunes. La recherche de financement fait donc partie des activités actuellement cruciales pour le projet : si vous avez des compétences ou des pistes en la matière, nous vous invitons à contacter rapidement la directrice, Mme Marine FOUREST-RAYMOND, qui est par ailleurs partante pour accueillir en formation une équipe souhaitant reproduire le projet ailleurs qu’en Isère. L’ensemble des actions menées tout au long de l’expérimentation prépa-apprentissage ne seront quoiqu’il arrive pas perdues : elles serviront de base pour développer des modules spécifiques pour les jeunes neuroatypiques inscrits en CFA.

Accueillir la joie autistique pour construire de meilleurs lieux de travail

Accueillir la joie autistique pour construire de meilleurs lieux de travail

Accueillir la joie autistique pour construire de meilleurs lieux de travail

Traduction de l’article de Ludmila Praslova, Ph.D., SHRM-SCP du 12 février 2024

Je me souviens avoir dansé de joie. Seule. Au bureau. À 2 heures du matin.

J’avais analysé les résultats d’une étude sur le climat organisationnel et ils correspondaient exactement à ce que j’avais prédit. J’avais fait le travail, et c’était du bon travail, utile, intéressant. Un travail gratifiant. Seule, au bureau, à 2 heures du matin, je savais que j’avais bien bossé.

Le travail peut être une merveilleuse source de joie. Et le bon type de travail peut être une extraordinaire source de joie pour les personnes autistes, étant donné notre intense motivation à approfondir nos intérêts.

J’ai éprouvé une grande joie à assembler les mots entre eux de manière à ce qu’ils se mettent à chanter pour moi. Le fait que mes textes deviennent viraux est un bonus agréable – mais le fait de me battre avec les mots jusqu’à ce que ce soient exactement les mots justes justement ordonnés est une vraie joie. Il y a d’autres sources de joie : apprendre qu’un ancien étudiant a décroché un emploi fantastique ou s’est inscrit à un programme de doctorat. Voir une enquête sur la culture organisationnelle montrer une amélioration du sentiment d’appartenance des employés. Être témoin d’une amélioration de la communication au sein des entreprises.

Si seulement plus de gens comprenaient à quel point l’expérience autistique peut être joyeusement productive – enfin, lorsque nous ne sommes pas agressés par des environnements sensoriellement surstimulants, moqués ou forcés de rentrer dans d’étroits « trous ronds » par ceux qui nient qu’une pièce carrée reste une pièce, et qu’une personne autiste reste une personne.

Trop souvent, les personnes autistes sont dépeintes sans nuances comme étant moroses, tristes ou en difficulté. La plupart des images d’une « personne autiste » générées par l’IA représentent de jeunes hommes blancs, assis dans l’obscurité et ayant l’air malheureux. Les stéréotypes de l’autisme font l’impasse non seulement sur la productivité, mais aussi sur la joie que procure aux personnes autistes leur amour pour la nature, les animaux, l’écriture, l’invention – ou d’autres types de tâches porteuses de sens. Cette productivité joyeuse a donné au monde Temple Grandin, Chris Packham et bien d’autres autistes accomplis.

Et si, au lieu d’exclure et d’enfermer dans des stéréotypes les personnes autistes, ou d’essayer de nous faire rentrer dans le moule insipide du travail à l’ancienne, en piétinant notre joie et notre productivité, les entreprises se concentraient sur la création de plus de joie au travail – pour tout le monde ?

Du Job Crafting au “Joy Crafting”.

En psychologie organisationnelle, nous parlons souvent de satisfaction au travail. D’engagement, d’engagement affectif. D’émotions positives au travail. De sens. De motivation personnelle.

Et si nous nous concentrions davantage sur la joie ? La joie humaine universelle d’être engagé dans quelque chose de motivant par essence ? Quelque chose qui corresponde à nos forces et à nos sources de satisfaction personnelles, comme la recherche de qualité, de sens, la découverte ou la créativité.
Nous parlons également de Job Crafting – retrouver du sens au travail grâce au remodelage de nos tâches, au remodelage de nos relations professionnelles et à un remodelage cognitif.

Mais qu’en est-il du « Joy Crafting » ?

Le « Joy Crafting » au travail peut être considéré à la fois comme plus audacieux et plus holistiquement humain que le « Job Crafting ». Il tient compte de notre nature, émotionnelle par essence, dans le but de rendre le travail non seulement meilleur ou plus tolérable, mais aussi véritablement agréable.

Oui, j’entends d’ici les gens dire que le travail est censé être… du travail. Et que le travail n’est pas censé être amusant.

Mais d’où vient l’idée que le travail devrait être une corvée ? Peut-être est-il grand temps de remettre en question ce postulat ?

« Si c’était amusant, cela ne s’appellerait pas du travail » peut être une attitude toxique et dangereuse. Fatale, même – la souffrance au travail est néfaste pour la santé humaine comme la santé des entreprises. Le travail comme un mal nécessaire, le travail comme une activité transactionnelle, le travail compulsif du bourreau de travail qui coure comme un hamster dans la roue géante de l’hyperproductivité – aucun de ces modèles de travail ne nous rend service.

Mais que se passerait-il si le travail pouvait être une composante du bien-être et de l’épanouissement personnel ? Non pas la seule source de joie ou d’épanouissement possible, mais un élément parmi d’autres d’une vie saine et équilibrée ?

Un bon – et joyeux – équilibre entre vie professionnelle et vie privée est possible. Mais il faudra pour cela modifier notre façon de concevoir le travail. Il faudra s’éloigner des structures traditionnelles et rigides qui, souvent, forcent les gens à rentrer dans des rôles prédéfinis. Il faudra créer des environnements de travail qui favorisent la croissance organique et l’épanouissement, en accord avec la nature de chaque individu.

Redéfinir le travail pour une croissance organique :

Le modèle traditionnel du travail exige une certaine conformité, de se plier à des rôles et à des attentes préexistants, tout en étouffant la créativité, en réduisant la motivation et en entravant l’épanouissement personnel. La pensée du « Joy Crafting » envisage un environnement de travail qui se développe de manière organique, où les rôles évoluent, s’alignant sur les forces uniques des individus, leurs passions, leurs nouvelles compétences et leurs trajectoires de développement.

Les organisations peuvent faciliter la création de joie, ainsi que l’inventivité et la productivité, en se concentrant sur les points suivants :

1. L’alignement personnel :

  • Reconnaître que chaque personne possède des forces et des passions uniques. Le travail doit être un prolongement de ces forces, et non une entrave.
  • Favoriser un environnement dans lequel les employés sont encouragés à explorer et à exprimer leur véritable personnalité dans le cadre de leurs fonctions, et à évoluer vers plus de joie.

2. L’évolution organique des rôles :

  • Au lieu de descriptions de poste statiques, préconiser des rôles qui évoluent au fur et à mesure que les individus grandissent et se développent. Cette approche permet de fidéliser les employés engagés, motivés et expérimentés, plutôt que de les forcer à chercher ailleurs la croissance et la joie, tout en supportant les coûts de remplacement et de formation.
  • Encourager les collaborations et les projets interfonctionnels qui permettent aux employés d’explorer différents aspects du travail, ce qui favorise leur épanouissement et leur engagement.

3. Le leadership au service de la croissance :

  • Former tous les dirigeants pour qu’ils comprennent l’importance de l’alignement personnel et de la croissance organique des employés. Les dirigeants devraient jouer le rôle de facilitateurs, en aidant les membres de leur équipe à trouver et à suivre des voies qui résonnent avec leurs motivations personnelles.
  • Développer un leadership axé sur l’empathie, la compréhension et le soutien des différents parcours individuels.

Transformer les cultures pour une inclusion radicale :

Le changement de paradigme vers le Joy Crafting nécessite également une transformation culturelle. Les lieux de travail doivent devenir des espaces inclusifs et stimulants pour le développement personnel et professionnel, où “donner du sens au travail” n’est pas une formule à la mode, mais un véritable engagement.

Cette culture du travail joyeux signifie :

Valoriser la diversité des modes de pensée et des approches de travail, et comprendre qu’un modèle unique est contre-productif.
Mettre en place des systèmes qui soutiennent l’exploration et la croissance individuelles, tels que le mentorat, les opportunités de développement de carrière et le travail flexible.

En résumé

Les personnes autistes peuvent éprouver de grandes joies, y compris celles provenant d’un travail en phase avec leurs points forts. Mais tous les employés peuvent ressentir ce type de joie si les entreprises favorisent le Joy Crafting, c’est-à-dire l’alignement du travail avec nos forces et nos sources de satisfaction personnelles, telles que la créativité ou le sens. Le Joy Crafting n’est pas seulement une stratégie de productivité ; c’est mettre encore plus l’accent sur le fait de rendre leur dignité aux aspects humains du travail – une nécessité d’inclusion qui est au cœur de mon livre, The Canary Code (Le Code Canari). Il s’agit de s’éloigner de la notion obsolète de faire se plier les gens à un rôle professionnel et d’adopter une approche centrée sur l’être humain, consistant en un alignement du travail avec les répartitions uniques des talents chez les individus. Cette approche gagnant-gagnant est essentielle à la fois pour le bien-être individuel et pour conserver des effectifs prospères, innovants et épanouis.

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1 Dans le “Job Crafting”, il y a l’idée de façonner ou remodeler le poste que l’on occupe selon nos besoins

 

L’Interview Atypique – Nadia Dubocq

L’Interview Atypique – Nadia Dubocq

Depuis notre création chez Specialisterne, nous avons croisé une multitude de gens formidables (éducateurs, psychologues, écrivains, journalistes, musiciens, chefs d’entreprise,…), neuroatypiques ou pas. Nous avions envie de les interviewer et de les mettre à l’honneur sur nos réseaux sociaux mais sous un angle particulier, afin qu’ils puissent nous parler de leurs projets mais aussi de ce qui les anime et ce qui les touche profondément.

Nadia Dubocq est une pianiste toulousaine neuroatypique formée au Conservatoire de Région de Montpellier. Elle se produit seule, à plusieurs ou en accompagnement de chanteurs, lors de divers événements lui permettant de partager sa passion : en avril dernier, à l’occasion du festival Le Printemps des poètes, elle a notamment été invitée par l’émission « T’aimes ? », diffusée sur Radio Fil de l’Eau. Nadia partage aussi sa passion en dispensant des cours de piano auprès de ses élèves, dont certains sont eux-mêmes neuroatypiques. 

Nadia nous a fait la joie de répondre à notre Interview Atypique :

Si vous deviez expliquer votre métier à un enfant de 5 ans en une phrase, comment le feriez-vous ?

Je dirais à l’enfant de 5 ans : « je fais de la musique sur un piano pour que les gens aiment ».

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Si vous êtes neuroatypique, en quoi votre neuroatypie vous aide parfois dans votre métier ?

Le fait de voir les choses différemment, me permet d’appréhender la musique sous un angle multiple (interprétation, composition, improvisation, adaptation d’oreille).

Quelle est votre anecdote de travail préférée ?

Je n’ai pas une anecdote particulière en tête.

Quelle est la chose que vous préférez dans votre métier, et celle qui vous pose le plus de problèmes ?

Ce que je préfère dans mon métier : faire des concerts (en solo ou à plusieurs). Ce qui me pose le plus de problème : développer mon réseau, savoir comment me vendre, me faire connaître…

Qu’est-ce qui agace les autres mais que vous faites tout le temps ?

Je me compare aux autres en me plaignant de ce que je n’ai pas.

Si vous pouviez apprendre n’importe quelle langue instantanément, laquelle choisiriez-vous ?

Si je pouvais, j’apprendrais l’italien instantanément !

Un personnage de fiction / un artiste / un univers qui vous faisait vibrer étant enfant ?

Enfant, j’adorais E.T. (l’extra-terrestre de Steven Spielberg).

Quelle est votre chanson la plus écoutée en ce moment ?

En ce moment, j’écoute des morceaux qu’un flûtiste et moi avons enregistrés chez lui en duo.

 

 

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Illustration réalisée par une IA, basée sur les réponses fournies lors de l’interview

Nous déménageons sur une planète extraterrestre, malheureusement vous ne pourrez plus jamais manger ce que vous mangez sur terre. Quel sera votre dernier repas avant de partir ?

Ce serait une tarte aux poireaux faite maison ^^

Si vous pouviez échanger votre vie avec n’importe qui pour une semaine, qui choisiriez-vous et pourquoi ?

Je ne souhaiterais pas échanger ma vie mais plutôt trouver la paix intérieure.

En ce moment, quelle est l’activité qui prend plus de temps dans votre quotidien qu’elle ne devrait ?

Ne vivant pas de ma passion, je passe beaucoup de temps à rechercher des activités à faire, ainsi que diverses orientations professionnelles et bénévoles pour être active et tenter de briser la solitude. Je teste également des choses, sensées mener au bien-être (développement personnel, méditation, pilates). Je planifie et gère tout jusque dans les moindres détails…

Quels sont vos projets ou votre projet pour les prochains mois ?

Mes projets pour les prochains mois : augmenter le nombre d’élèves pour mes cours de piano, développer ma visibilité sur les réseaux sociaux en démarchant des entreprises et des musiciens pour faire des concerts en lieux culturels, mariages, réceptions… J’accepterais aussi d’autres offres avec plaisir : adaptations de morceaux au niveau souhaité, clip ou audio de piano si besoin…

L’Interview Atypique – Alexis Leclaire

L’Interview Atypique – Alexis Leclaire

Depuis notre création chez Specialisterne, nous avons croisé une multitude de gens formidables (éducateurs, psychologues, écrivains, journalistes, musiciens, chefs d’entreprise,…), neuroatypiques ou pas. Nous avions envie de les interviewer et de les mettre à l’honneur sur nos réseaux sociaux mais sous un angle particulier, afin qu’ils puissent nous parler de leurs projets mais aussi de ce qui les anime et ce qui les touche profondément.

Alexis Leclaire est éducateur spécialisé au sein du Groupe d’Entraide Mutuelle Autisme des Alpes Maritimes à Nice (GEMA 06) et dans un sessad qui prépare à l’emploi pour les jeunes autistes pour l’association autisme apprendre autrement. Formé à l’accompagnement des personnes ayant un TSA, ayant animé des groupes d’habiletés sociales pour adultes, son leitmotiv est aujourd’hui d’œuvrer à l’inclusion de ces personnes dans la société, favoriser leur autonomie, tant dans leur vie professionnelle que personnelle. Il est moteur de plusieurs projets créatifs impliquant des personnes ayant un TSA, que ce soit dans le domaine du dessin ou de l’écriture.

Alexis nous a fait la joie de répondre à notre Interview Atypique :

Si vous deviez expliquer votre métier à un enfant de 5 ans en une phrase, comment le feriez-vous ?

En tant qu’éducateur-spécialisé, je serais déjà ravi d’expliquer à un enfant mon métier car il me permettrait d’expliquer ce qu’est l’empathie et comment s’en servir à bon escient. Je lui dirais : « Mon métier c’est d’apprendre à des gens à être bien dans leur vie. Je leur explique comment faire les choses seuls. Mais mon métier c’est surtout d’apprendre à quelqu’un à ne pas avoir besoin de moi. »

Alexis Leclaire

Si vous êtes neuroatypique, en quoi votre neuroatypie vous aide parfois dans votre métier ?

Je ne suis pas neuroatypique en tant que tel mais mon hypersensibilité est un atout indéniable pour pouvoir identifier et mettre en place des accompagnements respectueux de la personne.

Quelle est votre anecdote de travail préférée ?

Une collègue de travail devait mettre en place un accompagnement adapté à une enfant en ignorant les comportements défis… L’enfant lui a retourné une assiette de spaghettis bolognaises sur la tête… Elle a dû faire comme si de rien n’était et continuer de manger avec cette perruque de pâtes qui lui dégoulinait sur la tête… J’étais à une autre table mais je n’oublierai jamais le potentiel comique de cette scène et mon fou rire contenu…

Quelle est la chose que vous préférez dans votre métier, et celle qui vous pose le plus de problèmes ?

La créativité et la diversité des personnes que l’on rencontre dans le métier d’éducateur-spécialisé est une richesse pour pouvoir mettre en place des projets créatifs passionnants et une effervescence qui m’anime dans ma pratique professionnelle… Et du coup ce qui me pose vraiment problème est aussi lié à cette richesse car les projets mettent souvent trop de temps à se concrétiser. Le temps est précieux lorsque l’on met en place des accompagnements et je trouve que l’on en perd trop souvent pour de mauvaises raisons. Je pense aussi que l’on ne laisse pas assez le pouvoir d’agir aux personnes en situation de handicap. Il serait temps de revoir certaines procédures du milieu social pour respecter la parole des personnes.

Qu’est-ce qui agace les autres mais que vous faites tout le temps ?

On me dit très bavard et trop blagueur… et je ne peux effectivement pas m’en empêcher et je déconcentre mes collègues au travail…

Si vous pouviez apprendre n’importe quelle langue instantanément, laquelle choisiriez-vous ?

Je choisirais l’espagnol car étant marié à quelqu’un de Colombie, lorsque je m’y rends, je ne peux pas communiquer avec les gens sur place…

Un personnage de fiction / un artiste / un univers qui vous faisait vibrer étant enfant ?

Je suis passionné par le monde marin et j’ai mis du temps à comprendre d’où m’est venue cette fascination… Aussi niais que cela puisse paraître, cela me vient du film de Disney « La petite sirène ». Cela m’a permis de m’intéresser ensuite aux documentaires du commandant Cousteau, au film le grand Bleu ou Abyss… Et qui m’a fait déménager à Nice pour pouvoir profiter librement de la mer et de ses richesses.

Quelle est votre chanson la plus écoutée en ce moment ?

« Firework » de Katy Perry pour l’énergie qu’elle m’apporte.

 

 

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Illustration réalisée par une IA, basée sur les réponses fournies lors de l’interview

Nous déménageons sur une planète extraterrestre, malheureusement vous ne pourrez plus jamais manger ce que vous mangez sur terre. Quel sera votre dernier repas avant de partir ?

Je serais très lourd avant de partir mais je choisirais une raclette…

Si vous pouviez échanger votre vie avec n’importe qui pour une semaine, qui choisiriez-vous et pourquoi ?

Je choisirais Banksy car j’admire son travail… et sa démarche créative. J’aimerais connaître et vivre tout son travail de réflexion autour de ses projets, comprendre comment il choisit les villes où il va peindre, comprendre de l’intérieur son esprit…

En ce moment, quelle est l’activité qui prend plus de temps dans votre quotidien qu’elle ne devrait ?

Le travail… Je n’arrive pas assez à le mettre de côté en ce moment et il est impératif que j’apprenne à le faire.

Quels sont vos projets ou votre projet pour les prochains mois ?

J’ai un projet d’écriture d’un livre avec les personnes autistes du groupe d’entraide mutuelle autisme où je travaille. Nous aimerions mettre en avant l’importance d’écouter les personnes autistes en compilant des témoignages afin de mener un travail de réflexion sur l’autodétermination et le handicap.

Marine Ysambert Origin’ailes

Marine Ysambert Origin’ailes

Depuis notre création chez Specialisterne, nous avons croisé une multitude de gens formidables (éducateurs, psychologues, écrivains, journalistes, musiciens, chefs d’entreprise,…), neuroatypiques ou pas. Nous avions envie de les interviewer et de les mettre à l’honneur sur nos réseaux sociaux mais sous un angle particulier, afin qu’ils puissent nous parler de leurs projets mais aussi de ce qui les anime et ce qui les touche profondément.

Après une dizaine d’années en tant qu’ éducatrice spécialisée dans l’accompagnement  d’enfants autistes en établissements spécialisés, dans des associations et au domicile des familles, Marine Ysambert a décidé de créer un outil qui lui manquait profondément dans son métier, pour coordonner et centraliser la prise en charge pluridisciplinaire autour de l’enfant (orthophoniste, psychomotricienne,…)  C’est ainsi qu’est née Origin’ailes, une application web et mobile pour mieux vivre l’autisme au quotidien, dont Marine est la CEO. En novembre dernier, elle a reçu le trophée “Femmes Entrepreneuses” à l’occasion du HandiTech Trophy.

Marine nous a fait la joie de répondre à notre Interview Atypique : 

Si vous deviez expliquer votre métier à un enfant de 5 ans en une phrase, comment le feriez-vous ?

Mon métier c’est de m’occuper d’enfants handicapés, qui ont besoin de quelqu’un tous les jours avec eux pour apprendre des choses qui pour toi sont très simples mais qui pour eux sont parfois très compliquées comme : apprendre à parler, à manger seul, s’habiller seul, apprendre à compter etc.

Marine Ysambert Origin’ailes

Quelle est votre anecdote de travail préférée ?

Ce que je préfère avec les enfants TSA c’est leur franchise à toute épreuve. Une forme de vérité brute qui peut parfois mener à des situations malaisantes pour l’entourage ou peu conventionnelles pour les personnes extérieures.
Je me souviens d’une fois lors d’une sortie au supermarché dans le cadre de l’autonomie pour un apprentissage « faire ses courses » avec un jeune de 14 ans. Après des mois à travailler sur les aliments sains et les aliments à éviter pour ne pas prendre de poids, nous nous dirigeons donc en direction du supermarché avec une liste d’aliments en main. Les courses se passent bien et arrivés à la caisse, mon jeune de 14 ans, regarde la personne derrière nous, regarde la composition de son caddie et tout fier dit à très haute voix : « le monsieur il va devenir très gros ».
Petit moment de flottement que ce client n’oubliera je pense pas de sitôt 😊

Quelle est la chose que vous préférez dans votre métier, et celle qui vous pose le plus de problèmes ?

Ce que je préfère dans mon métier, c’est la diversité des profils des personnes enfants, ado ou adultes que j’accompagne au quotidien. Le fait de devoir continuellement m’adapter, réfléchir, et proposer des solutions concrètes, efficaces et adaptées aux besoins de la personne. J’ai parfois l’impression d’être la traductrice des besoins des personnes avec TSA, prendre le temps de comprendre la difficulté et le besoin exprimé ; de devoir le traduire et le communiquer à nouveau aux personnes accompagnantes pour qu’ils comprennent. Traduire et faciliter les échanges et les communications pour améliorer le bien-être. C’est très satisfaisant lorsqu’après de longs moments de frustration, de difficultés, de mal être parfois, on parvient enfin à trouver la clé et de pouvoir proposer la solution qui améliore le quotidien de tous. Il a cette forme de reconnaissance qui vaut milles mots, milles mercis.  C’est directement palpable et ça me remplit de joie. Dans ces moments-là on a l’impression d’être un super héros.

A contrario, ce qui peut y avoir de très frustrant dans ce métier, c’est lorsqu’on pense enfin avoir trouvé une solution sur un problème donné, mais que cette solution n’est pas facilement applicable uniquement à cause de moyens financiers, humains, environnementaux ou sociétaux.
Ça nous pousse sans cesse à trouver des alternatives qui malheureusement sont parfois moins efficaces que si l’on avait pu mettre en place la première solution. 


Par exemple : Emmener un jeune sur une sortie à l’extérieur pour répondre à son besoin et envie de sortir du cadre habituel, mais ne pas trouver de lieux qui s’adaptent aux caractéristiques sensorielles du jeune. 

Qu’est-ce qui agace les autres mais que vous faites tout le temps ?

Parfois quand je suis avec mes amis, je réalise que par déformation professionnelle, j’anticipe beaucoup les choses et les place malgré moi dans un cadre très protecteur et infantilisant.
Je me souviens d’une fois, lorsque nous attendions mes amis et moi le métro et qu’une fois arrêté à la station j’ai attrapé par la main un de mes amis pour le conduire à l’intérieur de la rame. C’est seulement installés à l’intérieur et par le regard interrogatif de mon ami que j’ai réalisé ce que je venais de faire 😊 

Si vous pouviez apprendre n’importe quelle langue instantanément, laquelle choisiriez-vous ?

Il n’y en a pas qu’une que j’aimerais apprendre. Mais si je devais choisir j’aimerais apprendre l’espagnol et la langue des signes.

Un personnage de fiction / un artiste / un univers qui vous faisait vibrer étant enfant ?

Au risque de paraitre un peu banale dans ma réponse, j’ai comme beaucoup de personnes de ma génération été bercée par l’univers de Disney (ce qui m’a par ailleurs beaucoup servi lors de mes prises en charge, connaissant toutes les répliques de n’importe quel Disney).

Quelle est votre chanson la plus écoutée en ce moment ?

Dans ma playlist une chanson tourne en boucle depuis maintenant des années sans jamais que je m’en lasse : We can be heroes de David Bowie ; Cette chanson me touche et me parle beaucoup. 

 

 

Marine Ysambert superheroe
Illustration réalisée par une IA, basée sur les réponses fournies lors de l’interview

Nous déménageons sur une planète extraterrestre, malheureusement vous ne pourrez plus jamais manger ce que vous mangez sur terre. Quel sera votre dernier repas avant de partir ?

Une paella.

Si vous pouviez échanger votre vie avec n’importe qui pour une semaine, qui choisiriez-vous et pourquoi ?

J’aimerais beaucoup pouvoir vivre une semaine dans la peau d’un comédien(e) ou d’un(e) chanteur(se). Avoir ce pouvoir de faire vibrer autant de gens en exerçant son talent a quelque chose de très attrayant. En particulier d’avoir le pouvoir de générer autant d’émotions.

En ce moment, quelle est l’activité qui prend plus de temps dans votre quotidien qu’elle ne devrait ?

Boire du café ! je l’avoue, le temps passé à boire du café devrait être largement réduit… 

Quels sont vos projets ou votre projet pour les prochains mois ?

Depuis maintenant trois ans, j’ai créé ma société de services et d’outils pour accompagner les familles et les différents professionnels de la prise en charge des personnes avec TSA. Il s’agit de la société Origin’ailes. Je m’y consacre 24h/24 et 7j/7 ; dans les prochains mois nous lançons une campagne de crowdfunding pour nous soutenir sur le développement de la deuxième version de notre application éponyme.

L’Interview Atypique – Eric LEMONNIER

L’Interview Atypique – Eric LEMONNIER

Depuis notre création chez Specialisterne, nous avons croisé une multitude de gens formidables (éducateurs, psychologues, écrivains, journalistes, musiciens, chefs d’entreprise,…), neuroatypiques ou pas. Nous avions envie de les interviewer et de les mettre à l’honneur sur nos réseaux sociaux mais sous un angle particulier, afin qu’ils puissent nous parler de leurs projets mais aussi de ce qui les anime et ce qui les touche profondément.

Actuellement directeur médical du Centre Ressource Autisme du Limousin depuis 2014, le docteur Eric Lemonnier est un pédopsychiatre d’orientation neuroscientifique. Entre 2005 et 2014, il occupe le poste de chef de clinique en pédopsychiatrie au CHU de Brest et il dirige le CRA Bretagne. Depuis presque vingt ans, il s’investit particulièrement  sur l’inclusion scolaire des enfants autistes, notamment en Bretagne et en Limousin où il a contribué à améliorer fortement les conditions de scolarisation pour de nombreux enfants. Au quotidien, il œuvre au diagnostic des enfants, des ados et des adultes autistes. Il accorde une grande importance à leur dignité et leur liberté, quel que soit leur âge et leur parcours. 

Eric nous a fait la joie de répondre à notre Interview Atypique :

Si vous deviez expliquer votre métier à un enfant de 5 ans en une phrase, comment le feriez-vous ?

Quand une voiture ne marche plus, on va chez le garagiste. Il arrive parfois que l’on perde notre liberté de penser ou que l’on n’arrive pas à obtenir ou garder sa liberté au sein des autres, et bien je suis le garagiste de la pensée.

Les Didascalies

Si vous êtes neuroatypique, en quoi votre neuroatypie vous aide parfois dans votre métier?

Je ne suis pas neuroatypique et du coup je ne bénéficie d’aucune aide.

Quelle est votre anecdote de travail préférée ?

Annoncer à des parents que leur enfant est haut potentiel, puis leur préciser en reprenant Brassens qu’un don sans technique n’est rien qu’une sale manie. Le plus souvent ils acquiescent, je précise alors que Brassens utilise cette formule à la manière dont elle bouge son popotin.

Quelle est la chose que vous préférez dans votre métier, et celle qui vous pose le plus de problèmes ?

Ce que je préfère c’est le bisou baveux du môme autiste qui revient me voir, ce qui me pose le plus de problème c’est de boire quotidiennement au calice de mon incapacité.

Qu’est-ce qui agace les autres mais que vous faites tout le temps ?

Je ne suis pas maitrisable, ce qui peut poser problème à ceux de mes collègues engoncés dans un système de contraintes mortifères de petit bourgeois.

Si vous pouviez apprendre n’importe quelle langue instantanément, laquelle choisiriez-vous ?

L’italien.

Un personnage de fiction / un artiste / un univers qui vous faisait vibrer étant enfant ?

Enfant j’ai vibré pour des personnages au fur et à mesure des découvertes que mes lectures m’offraient, je suis très bon public.

Quelle est votre chanson la plus écoutée en ce moment ?

J’écoute beaucoup de musique classique surtout à la radio ce qui limite la répétition. Je ne me lasse pas de Brassens.

 

 

Dr Eric Lemonnier image d'interview
Illustration réalisée par une IA, basée sur les réponses fournies lors de l’interview

Nous déménageons sur une planète extraterrestre, malheureusement vous ne pourrez plus jamais manger ce que vous mangez sur terre. Quel sera votre dernier repas avant de partir ?

Pas de dernier repas mais plusieurs derniers repas, deux chaque jour précédent le déménagement, ce qui me permettra d’absorber la plus grande diversité de mets possibles, le tout arrosé d’un bourgogne blanc de bonne maturité.

Si vous pouviez échanger votre vie avec n’importe qui pour une semaine, qui choisiriez-vous et pourquoi ?

Mozart sans hésitation, pour éprouver un instant le bonheur de la créativité et du talent.

En ce moment, quelle est l’activité qui prend plus de temps dans votre quotidien qu’elle ne devrait ?

Convaincre les différents interlocuteurs qu’un enfant autiste (ou ayant d’autres difficultés) doit être gardé au sein des autres enfants au développement traditionnel de son âge (avec les aides nécessaires) et ne doit en aucun cas être mis dans une structure où la seule perspective est d’être dans un contexte de vie que nous refuserions pour nous même, parce qu’indigne.

Quels sont vos projets ou votre projet pour les prochains mois ?

Ecrire enfin ce bouquin sur les TSA, que je répète quotidiennement dans ma tête mais pour lequel je ne prends pas le temps de le coucher sur papier.