LE RESEAU SPECIALISTERNE

La communauté internationale Specialisterne

Fondation Specialisterne

La Fondation Specialisterne est une organisation à but non-lucratif, qui travaille à créer 1 million d’opportunités d’emploi pour les personnes autistes et les personnes avec d’autres spécificités cognitives. La fondation est propriétaire de la méthode et de la marque Specialisterne ainsi que de l’entreprise Specialisterne Danemark.

l
Autisme : Les femmes sortent de l’ombre

Autisme : Les femmes sortent de l’ombre

L’autisme a longtemps été considéré comme un syndrome d’hommes. Dans les années 90, de nombreux chercheurs allaient jusqu’à penser que les femmes ne pouvaient pas être autistes. Une vision obsolète, qui continue pourtant à empoisonner la vie des femmes autistes, qui sont longtemps restées invisibles pour la société.

Dans un article publié le 9 février dans The Conversation, les chercheuses Tamara May et Carol Adams se sont penchées sur les facteurs du sous-diagnostic des femmes autistes. En premier lieu, elles notent la capacité des femmes autistes à « camoufler » leurs difficultés, des efforts de compensation qu’elles appellent « l’autisme sous couverture ».

Mais les femmes autistes sont aussi victimes d’à-priori persistants chez les professionnels de santé. De nombreux diagnostics de troubles psychologiques chez les femmes (anxiété, TOC, troubles de l’alimentation) peuvent masquer un autisme sous-jacent, qui reste ignoré. En raison de diagnostics plus tardifs, de nombreuses femmes autistes sont privées de soutien pendant l’enfance.

Melanie Sykes

Aujourd’hui, les choses avancent de plus en plus vite pour elles.

En novembre 2021, la présentatrice de télévision britannique Melanie Sykes a partagé son diagnostic, à l’âge de 51 ans, et ravivé le débat sur l’éducation et l’autisme au Royaume-Uni. Elle rejoint ainsi la comédienne australienne Hannah Gadsby ou l’actrice américaine Daryl Hannah parmi les célébrités qui ont dévoilé leur diagnostic et mènent désormais des actions pour plus de visibilité. Cette prise de conscience a permis à de plus en plus de femmes d’obtenir un diagnostic, qui apporte souvent explications et soulagement : « Une renaissance » selon le témoignage de l’une d’entre elles dans le Guardian, « je ne me sens plus comme une personne neurotypique ‘cassée’. ».

 

Une étude britannique publiée en Août 2021 a observé une augmentation spectaculaire du nombre de diagnostics d’autisme au Royaume-Uni. Entre 1998 et 2018, le nombre d’autistes diagnostiqués est passé de 3072 à 65 665…Chez les femmes, cette explosion est encore plus impressionnante. Presque ignorées dans les années 90, elles représentent désormais un diagnostic sur quatre.

Titouan Lemoine
 
La bibliothèque humaine

La bibliothèque humaine

Emprunter un « livre humain » : à la rencontre de toutes les différences

Par leur slogan « ne jugez jamais un livre par sa couverture », les bibliothèques humaines sont une invitation à dépasser ses préjugés.

Né au Danemark il y a plus de vingt ans, le concept de bibliothèque humaine permet d’emprunter un livre humain sur un thème de différence qui questionne : style de vie, diagnostic, croyance, origines, préférence amoureuse, etc. Ainsi, le temps d’une conversation, des personnes en chair et en os racontent leur vécu de personne TDAH, autiste, immigrée, anciennement alcoolique, victime de violences… à cœur ouvert.

Un homme-livre autiste raconte ainsi :

La peur et la méconnaissance sont les premiers freins à l’acceptation de la diversité et de sa richesse.

Pour les confronter, les bibliothèques humaines offrent un espace sécurisant et l’opportunité de rencontrer des personnes que l’on a peut-être croisées mais jamais regardées. Pour Aissata, femme- livre, c’est « remettre le dialogue entre les gens ».

Les lecteurs choisissent un titre dans un catalogue. Ils s’installent et ils écoutent. Le temps est suspendu pendant trente minutes. Les questions sont les bienvenues.

Ces hommes et ces femmes-livres détricotent les idées reçues. La bibliothèque humaine est un endroit unique où les questions les plus difficiles à poser sont attendues : l’humilité et la générosité des témoignages donnent le courage de questionner sans tabou. Tant qu’il y a du respect et de la douceur, le lecteur n’offense pas l’auteur.

« L’intérêt est de découvrir l’être humain derrière l’étiquette » précise Phyllis Springer-Fouchard, co-organisatrice d’une bibliothèque humaine.

Ce concept, exporté dans 80 pays sur 5 continents, a également lieu à Toulouse. Ainsi, une fois par mois, neuf livres humains sont proposés à la médiathèque José Cabanis. De quoi combler votre curiosité.

Leslie SERVOUZE – Sources : labibliothequehumaine.frhumanlibrary.org
la bibliotheque humaine
La Bibliothèque Humaine à L’EUSI 2017 (Université Européenne d’Eté des Mouvements Sociaux)

La prochaine bibliothèque humaine aura lieu le 14 novembre 2021 à l’espace JOB au 105 route de Blagnac à Toulouse,
puis se déroulera le 3ème samedi de chaque mois à la médiathèque José Cabanis (rdc) 1 All. Jacques Chaban-Delmas, 31500 Toulouse

Ça va aller

Ça va aller

Cette histoire raconte, sans filtre, les étapes que nous avons tra­versées, mon mari et moi, à la suite du diagnostic d’autisme de notre fils Elliot. La sidération, la colère, la tristesse et l’accepta­tion. Des étapes nécessaires, ponctuées d’erreurs, d’idées reçues, mais surtout d’amour et d’une volonté féroce d’aller à la rencontre de notre enfant.

Il me semble important de vous donner quelques précisions avant de vous ouvrir les portes de l’intimité de notre famille.
Écrire et dessiner ce livre a été pour moi une véritable introspec­tion dans mon rôle de mère mais aussi de citoyenne et d’humaine, tout simplement.

Quand j’ai posé le point final de cet ouvrage, une immense remise en question m’a envahie. Pourquoi ce livre? Pour qui ? Pour dire quoi ? Il m’est apparu inconcevable qu’il ne soit« que » le recueil d’extraits de notre vie. Et par-dessus tout, inconcevable qu’il ne fasse que refléter les difficultés auxquelles une famille est confrontée lorsqu’un de ses membres est autiste.

Pourquoi ? Parce que l’autisme n’est pas un fardeau.
Parce que mon fils n’est pas un fardeau.
Parce que mon fardeau, c’est de lutter à ses côtés pour qu’il se sente inclus, compris, reconnu et entendu.

Diagnostic, handicap, couple, fratrie, famille, autisme, crises, hypersensibilité

Ça va aller. Cette phrase toute simple, Daisy, auteure et illustratrice du Cantal, se l’est répétée en boucle, comme pour se rassurer elle-même, mais surtout pour ne pas sombrer.

Quand Eliott, son fils de 3 ans et demi, a été diagnostiqué autiste, Daisy l’a vécu « comme un TGV à 515 km/h en pleine face« . Sa vie parfaite s’est littéralement écroulée. Pour accepter cette réalité et ne pas perdre pied, elle couche ses mots et ses émotions sur le papier afin de partager son quotidien chamboulé avec les familles qui vivent la même chose qu’elle mais aussi pour informer et sensibiliser les autres.

A travers son roman graphique Ça va aller ! dans la collection « sans filtre », qui vient de sortir aux éditions Jouvence. Daisy raconte son combat quotidien et prône à la fois la tolérance, le respect et la bienveillance. Une histoire remplie d’humour et d’amour qui chamboulera vos émotions de la première à la dernière page !

Source  des citations : site france3-regions.francetvinfo.fr
Portrait – Martin Moxness recruté pour l’Aéroport de Copenhague

Portrait – Martin Moxness recruté pour l’Aéroport de Copenhague

Rigueur et capacité à détecter des corrélation et des patterns.

L’aéroport de Copenhague a fait appel à l’expertise de Specialisterne pour recruter parmi leur personnel des employés autistes. Sur son poste de travail, notre collègue danois Martin utilise des rayons X pour contrôler le contenu des bagages et vérifier qu’ils ne contiennent rien d’interdit. La rigueur, la capacité à détecter des corrélation et des patterns, et le goût pour les détails font partie des principales forces autistiques mobilisées par les employés autistes sur ce type de poste. Il existe des milliers d’autres personnes autistes comme Martin qui ont envie de travailler et qui attendent que des entreprises leur donnent une chance.

« Heures Silencieuses » : La Grande Distribution à l’écoute de la Neurodiversité !

« Heures Silencieuses » : La Grande Distribution à l’écoute de la Neurodiversité !

Faire ses courses dans le silence, ou au moins dans le calme, c’est ce que permettent depuis peu, plusieurs grandes surfaces en France. Elles sont en effet de plus en plus nombreuses à instaurer des « heures silencieuses ». Durant ces heures, la musique de fond et les appels au micro sont coupés, les caisses enregistreuses sont quasi-silencieuses, les éclairages sont réduits, les appareils de nettoyage sont au repos… cela pour faciliter les courses des personnes autistes.

Un phénomène méconnu du grand public

En effet, c’est un aspect assez méconnu, mais nombreux sont les autistes atteints d’hypersensibilité sensorielle ; et l’hyperacousie est le plus fréquent de ces dérèglements ; imaginez-vous faire vos courses comme si vous aviez l’oreille collée à un haut-parleur de discothèque. Ajoutez à cela les discussions des autres clients comme s’ils se parlaient tous en criant. C’est ce que vivent grand nombre d’autistes, adultes ou enfants, qui entendent les bruits externes de manière démesurée.

Il en va de même avec l’odorat, qui pour certains autistes, est sur-développé. La moindre odeur, indécelable pour la plupart des gens, vient se mélanger à la multitude des autres odeurs, provenant soit des produits en vente, soit des salariés ou des clients eux-mêmes. Imaginez vous au rayon frais ou pire à la poissonnerie, puis passez au rayon pharmacie avec les shampoings, gels douche qui, même emballés, génèrent des odeurs qui peuvent être envahissantes pour certaines personnes autistes.

Certains encore souffrent d’une hypersensibilité à la lumière, aux éclairages. Comment envisager de faire ses courses alors que chaque rayonnage est suréclairé, qu’aucune fenêtre n’est présente dans le magasin pour apporter la lumière du jour, plus douce que celle des néons et autres ampoules de couleur.

Faire ses courses… cette tâche, pourtant si banale, s’avère être pour certains un vrai parcours du combattant. Le développement des « courses au Drive » simplifie l’accès aux produits pour les personnes hypersensibles, mais le problème reste entier dans les magasins physiques.

Une réelle évolution dans la société

En Janvier 2021, l’Assemblée Nationale a adopté en première lecture une proposition de loi visant à l’instauration obligatoire des heures silencieuses dans les commerces de plus de 1000m2. Le projet de loi prévoit 1 « heure silencieuse » minimum par semaine, dans les commerces, mais le groupe Carrefour n’a pas attendu que la navette parlementaire ait fini son trajet jusqu’au sénat. Carrefour vient effectivement d’annoncer la mise en œuvre de ce dispositif dans plus de 1240 magasins du groupe, le lundi de 14h à 15h, à partir du 5 Avril 2021.

Carrefour suit en fait une tendance de fond, qui a été initiée en 2019 au sein de l’Hyper-U de Vierzon, dans le département du Cher. Cette initiative avait depuis, fait des petits, avec l’application de cette mesure dans 1600 points de vente au sein du groupement indépendant Super-U.

Une fois le projet de loi adopté, la mesure devrait devenir obligatoire dans tous les magasins de France de plus 1000m2, à partir de début 2022. Un dispositif qui correspond à une plus grande inclusion de la neurodiversité, mais qui devrait aussi satisfaire nombre de clients ne souffrant pas de troubles de la sensibilité, mais qui souhaitent tout simplement plus de calme… Sans oublier que ces heures silencieuses induisent une réduction des consommations électriques, un geste écologique qui s’inscrit bien dans l’air du temps.

heures-silencieuses dans les grandes surfaces
Photo by Melanie Lim on Unsplash